Vous avez un vieux produit d’épargne que vous n’avez pas touché depuis des années ? Faites attention. Il pourrait disparaître très bientôt. Et vous ne seriez pas seul : plus de 2 millions de Français sont potentiellement concernés par cette mesure. Un changement discret, mais avec des conséquences bien réelles pour votre argent.
Que se passe-t-il avec ces vieux placements ?
Il s’agit principalement de anciens plans d’épargne retraite populaire (PERP) ou de contrats similaires ouverts avant la réforme du système en 2019. À cette époque, les pouvoirs publics ont lancé un tout nouveau produit : le PER (Plan d’Épargne Retraite), plus flexible et plus attractif.
Problème : certains épargnants ont gardé leur ancien contrat en l’état, sans le clôturer. Et aujourd’hui, ces vieux contrats ne sont plus adaptés au paysage actuel. Certaines compagnies d’assurance souhaitent donc les fermer pour de bon, après avoir laissé à leurs clients un temps pour les convertir ou les utiliser.
Pourquoi ces contrats sont-ils dans le viseur ?
Ces anciens produits coûtent cher à gérer et ne rapportent plus grand-chose, ni aux compagnies ni à vous. Ils sont souvent en sommeil : personne ne verse dessus depuis des années. Ils représentent donc une anomalie dans la masse des contrats d’épargne moderne.
En plus, avec les nouvelles normes financières, les banques et assurances cherchent à simplifier et centraliser les produits. C’est comme faire un grand ménage de printemps dans leurs fichiers clients. Et dans cette opération, tout ce qui semble inactif ou obsolète pourrait bien être balayé.
Comment savoir si vous êtes concerné ?
Vous avez peut-être ouvert un contrat il y a plus de 10 ans et vous l’avez oublié. Pas de courrier, pas de mail depuis un moment ? Cela pourrait être un signal. Voici les cas les plus fréquents :
- Vous possédez un ancien PERP ou un contrat Madelin
- Vous avez arrêté les versements depuis plus de 5 ans
- Vous avez changé d’adresse ou d’email sans prévenir votre assureur
- Vous n’avez jamais transformé votre contrat en PER malgré les recommandations
Si vous cochez une ou plusieurs de ces cases, il est temps de vérifier où en est votre épargne.
Que faire si votre contrat est visé par une clôture ?
Pas de panique. Avant de fermer quoi que ce soit, l’assureur est tenu de vous informer par courrier ou par email. Vous aurez alors plusieurs options :
- Demander un transfert vers un PER moderne, qui offre plus de flexibilité
- Déclencher la liquidation de votre épargne si vous êtes à la retraite
- Faire un retrait (selon les conditions de sortie définies dans le contrat)
Mais attention au délai. Une fois le courrier reçu, vous n’avez que quelques mois pour agir. Au-delà, le contrat pourrait être clôturé automatiquement, avec passage de vos fonds en déshérence ou perte de certains avantages fiscaux.
Pourquoi le PER est-il plus avantageux aujourd’hui ?
Lancé en 2019, le PER offre des règles plus simples. Il permet de:
- Regrouper votre épargne retraite en un seul produit
- Sortir en capital ou en rente, selon votre choix
- Bénéficier d’avantages fiscaux à l’entrée (déduction des versements)
- Conserver vos droits même en cas de changement de travail
En clair, le PER s’adapte mieux aux parcours de vie modernes que les anciens contrats, rigides et moins transparents.
Un conseil simple : reprenez le contrôle
Vérifiez vos papiers, vos relevés, vos courriers d’assureur. Appelez si besoin. Même si vous ne comptez pas utiliser votre épargne tout de suite, il est essentiel d’éviter une fermeture par défaut qui vous ferait perdre le fil.
En prenant cinq minutes aujourd’hui, vous éviterez bien des regrets demain. Et qui sait ? Vous pourriez même redonner vie à un placement endormi et lui trouver une utilité.
Parfois, la meilleure surprise vient d’un contrat que l’on croyait oublié…

