Le livret préféré des Français va-t-il perdre de son intérêt face à un rival plus généreux ? Dès 2026, les taux d’intérêt du Livret A et du LEP (Livret d’Épargne Populaire) vont évoluer, et ces nouveaux chiffres pourraient bien surprendre. Si vous épargnez sans vraiment comparer, il est peut-être temps de revoir votre stratégie.
Le grand écart entre les taux : LEP largement en tête
On connaît désormais les prévisions de taux pour les deux livrets phares des Français à partir de 2026. Le Livret A, utilisé par près de 55 millions de personnes, devrait offrir un taux autour de 2,4 %. Ce chiffre est basé sur les projections d’inflation de la Banque de France, estimée à environ 2 %.
Mais le véritable choc vient du côté du LEP. Réservé aux foyers aux revenus modestes, il pourrait offrir un taux atteignant les 4,4 %. C’est presque le double du Livret A. Et oui, vous avez bien lu.
Alors, pourquoi une telle différence ? Le LEP est conçu pour protéger les épargnants les plus vulnérables contre la hausse des prix. Son taux est donc calé sur l’inflation, avec une formule plus généreuse. En période de tension économique, il devient un outil puissant.
Combien pouvez-vous vraiment gagner ?
Imaginons que vous placiez 7 700 euros — le plafond actuel du LEP. Avec un taux à 4,4 %, cela vous rapporte environ 338 euros d’intérêts en un an.
En comparaison, sur un Livret A plafonné à 22 950 euros, un taux de 2,4 % vous donne environ 551 euros d’intérêts. Mais attention : pour obtenir ce gain, vous devez immobiliser trois fois plus d’épargne. Rapporté à l’euro investi, le LEP est donc bien plus rentable.
Et si votre objectif est de faire face à l’inflation ou de sécuriser un peu de pouvoir d’achat, ce genre de différence peut vraiment compter.
Qui peut ouvrir un LEP en 2026 ?
Le LEP n’est pas accessible à tout le monde. Pour en profiter, vous devrez démontrer que vos revenus ne dépassent pas un certain seuil. Pour l’année 2024, ce plafond est fixé à 21 393 euros pour une personne seule, ou 32 818 euros pour un couple avec un enfant.
Ces montants sont mis à jour chaque année, en fonction de l’inflation et du revenu médian. Les conditions en 2026 pourraient donc évoluer, mais il y a fort à parier que le LEP restera réservé aux foyers aux revenus modestes.
Faut-il quitter le Livret A ?
Pas si vite. Même avec son taux plus bas, le Livret A a des atouts. D’abord, il est ouvert à tous, sans conditions de revenu. Et il permet de placer jusqu’à 22 950 euros, un plafond bien plus élevé que celui du LEP.
De plus, les fonds du Livret A restent disponibles à tout moment. C’est une sécurité utile. Et pour certains usages, comme les livrets rattachés aux livrets enfants ou le financement du logement social, il continue de jouer un rôle important.
Mais si vous avez le droit d’ouvrir un LEP et que vous ne l’avez pas encore fait… vous passez peut-être à côté d’un vrai coup de pouce. En 2023 par exemple, plus de 10 millions de Français étaient éligibles au LEP et n’en détenaient pas.
Comment adapter son épargne à partir de 2026 ?
Si ces prévisions se confirment, il sera plus que jamais utile de répartir intelligemment votre épargne. Voici quelques pistes :
- Ouvrir un LEP dès que possible si vous êtes éligible, pour maximiser votre rendement sans risque.
- Garder votre Livret A comme réserve flexible, utile en cas d’imprévus ou pour des projets à court terme.
- Aller au-delà : une fois ces deux livrets remplis, regardez du côté des comptes à terme, voire d’une assurance vie en euros, si vous cherchez de la stabilité sans trop de contraintes.
Le mot de la fin
Entre inflation, taux d’intérêt et pouvoir d’achat en berne, votre épargne ne peut plus dormir tranquille. À partir de 2026, la différence entre le LEP et le Livret A pourrait faire la différence sur vos économies. Mieux vaut être prêt dès maintenant.
Et vous, avez-vous déjà un LEP ? Votre banque ne vous en parle pas toujours, mais cela pourrait bien devenir votre meilleur allié dans les mois à venir.

